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Choisis la vie – Rencontre Fils d’Abraham du 13 décembre 2020

« Choisis la vie »

Rencontre Fils d’Abraham du 13 décembre 2020

Nous étions bien peu nombreux, huit au meilleur moment, pour participer à la réunion de notre groupe, dimanche 13 décembre. Etait-ce l’effet de la fatigue d’une fin d’année très étrange, de l’anxiété inhérente à la prolongation pour une durée interminable et encore indéterminable de l’application de rudes contraintes, de la perplexité de beaucoup d’entre nous devant un sujet qui suscite l’étonnement, de la crainte d’être un peu dépassé par les développements trop intellectuels des dissertations qu’il nous faudrait assimiler, sinon produire nous-mêmes approximativement, ou encore, très probablement d’une combinaison vertigineuse de ces facteurs et éléments d’un malaise insurpassable ?

Or , nous étions invités à réfléchir ensemble et à échanger sur un extrait de la péroraison de l’ultime prédication de Moïse au peuple d’Israël, parvenu au seuil de la terre promise au terme de 40 années de déambulation dans le désert après être sorti d’Egypte et avoir traversé la mer rouge, quand il s’agit de lui rappeler les exigences et les promesses de l’alliance que l’Eternel lui offre encore de conclure ou de renouer, avant que son Médiateur suprême ne meure sur le mont Nebo dans la contemplation de tout ce pays où il ne lui sera pas permis d’entrer .

Au chapitre 30 du Deutéronome (littéralement « Seconde Loi » , contenant des développements sur les lois et coutumes enseignés aux Fils d’Israël , à charge pour eux de les mettre en pratique dans la continuité de la Loi, initialement révélée par Dieu au Sinaï, sur l’Horeb) , on peut lire le texte ici reproduit dans sa quasi intégralité pour apprécier la substance et saisir le fil conducteur de l’exhortation où s’intègre la citation (en caractères gras), qui a servi de point de départ à notre dernière discussion de l’année de tous les dangers.

30 « Lorsque toutes ces choses t’arriveront, la bénédiction et la malédiction que je mets devant toi, si tu les prends à cœur au milieu de toutes les nations chez lesquelles l’Eternel, ton Dieu, t’aura chassé,
2 si tu reviens à l’Eternel, ton Dieu, et si tu lui obéis de tout ton cœur et de toute ton âme, ainsi que tes enfants, en te conformant à tout ce que je te prescris aujourd’hui,
3 alors l’Eternel, ton Dieu, ramènera tes déportés et aura compassion de toi. Il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples parmi lesquels il t’aura lui-même dispersé.
4 Même si tu étais exilé à l’autre extrémité du ciel, l’Eternel, ton Dieu, te rassemblera de là, il ira te chercher jusque-là. 5 L’Eternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que tes ancêtres possédaient et tu le posséderas. Il te fera du bien et te rendra plus nombreux que tes ancêtres.
6 L’Eternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta descendance, et tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin de vivre.
7 L’Eternel, ton Dieu, fera tomber toutes ces malédictions sur tes ennemis, sur ceux qui t’auront détesté et persécuté.
8 Quant à toi, tu reviendras à l’Eternel, tu lui obéiras et tu mettras en pratique tous les commandements que je te prescris aujourd’hui.
9 L’Eternel, ton Dieu, te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail de tes mains, tes enfants, les portées de tes troupeaux et le produit de ton sol. En effet, l’Eternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur, tout comme il prenait plaisir à celui de tes ancêtres,
10 lorsque tu obéiras à l’Eternel, ton Dieu, en respectant ses commandements et ses prescriptions écrits dans ce livre de la loi, lorsque tu reviendras à l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme.
11 »Le commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement pas au-dessus de tes forces ni hors de ta portée.
12 Il n’est pas dans le ciel pour que tu dises: ‘Qui montera pour nous au ciel et ira nous le chercher? Qui nous le fera entendre afin que nous le mettions en pratique ?

13 Il n’est pas de l’autre côté de la mer pour que tu dises : ‘Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et ira nous le chercher ? Qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?

14 C’est une parole, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.

15 « Regarde ! Je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, ou la mort et le mal.
16 En effet, je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies et de respecter ses commandements, ses prescriptions et ses règles afin de vivre et de te multiplier, afin que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession.

17 Mais si ton cœur se détourne de lui, si tu ne lui obéis pas et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir,
18 je vous déclare aujourd’hui que vous périrez. Vous ne vivrez pas longtemps sur le territoire dont vous allez prendre possession une fois le Jourdain passé.
19 J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin de vivre, toi et ta descendance,
20 en aimant l’Eternel, ton Dieu, en lui obéissant et en t’attachant à lui. Oui, c’est de lui que dépendent ta vie et sa durée, et c’est ainsi que tu pourras rester dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. »

Durablement désappointés d’avoir subi et de subir encore, comme autant de nouvelles « plaies d’Egypte »,

l’emprise d’un coronavirus maléfique ,

les menaces de la mort qui rôde ,

la crainte d’être frappés d’invalidité ,

des privations de liberté, en alternance avec des restrictions plus ou moins sévères,

des ruptures douloureuses avec nos proches, nos amis et connaissances ou nos collègues

des situations de chômage ou d’inactivité forcée, des baisses de revenus, pour un grand nombre,

des perspectives déprimantes de pertes plus substantielles dans un avenir immédiat sombre,

sans être vraiment assurés d’apercevoir bientôt les lueurs d’un horizon plus dégagé sur des territoires où il nous soit permis d’espérer vivre à distance de ces périls,

comment faire nôtre dans les années 2020-2030 au temps de la numérisation et de la mondialisation une objurgation adressée aux Fils d’Israël, 3300 ans auparavant , au terme d’un exode marqué par des épreuves et des tensions et l’espérance d’accéder à un pays où ruissellerait le lait et le miel ?

Au cours de nos échanges du dimanche 13 décembre, que n’a pas permis de fluidifier notre pratique encore balbutiante de la visioconférence , les esprits étaient sans doute obnubilés par la constatation réitérée à diverses reprises d’un resserrement plus sensible encore des freins qui affectent les forces de vie et d’émancipation sociale et économique, au détriment des plus vulnérables et des catégories défavorisées, mais il est resté hors de question de renoncer à faire avancer le bien et à combattre ce qui constitue ou incarne le mal, nonobstant les échecs, imperfections ou impuissances apparents ou relatifs. D’entrée de jeu, pour introduire le débat, c’est l’impératif existentiel d’exercer sa responsabilité de femmes et d’hommes, rendus libres et capables par eux-mêmes de se confronter aux épreuves de la vie et de chercher à les dépasser, qui nous a été mis en évidence comme la leçon toujours digne actuellement d’être retenue et mise en œuvre dans cette lutte à laquelle nous ne saurions nous dérober.

Au demeurant et très concrètement, c’est l’engagement en faveur de celles ou ceux dont la vie est menacée ou qui sont victimes du malheur ou d’entreprises maléfiques et dévastatrices qui contribue de manière effective, aux yeux de plusieurs des intervenants qui se sont exprimés, à faire triompher la vie et le bien peu à peu. La tentation de sacrifier le présent à des objectifs prétendument plus élevés apparaît vaine, puisqu’il s’agit « de mettre en pratique tous les commandements que je (Dieu) te prescris aujourd’hui » (verset 8 ci-dessus) : il y a synchronisme entre la réception et la traduction en actes positifs d’une parole qui solennise la primauté de la vie et du bien. Une formulation empruntée à un théologien catholique (Joseph de Bacciochi) a été citée pour exprimer l’idée de l’urgence d’une implication dans la vie actuelle « Si la vie éternelle était un alibi démobilisateur, elle serait aliénation et mort, complicité passive avec le règne du mal ».

D’autres hommes et femmes de bonne volonté, qui ne se projettent pas au-delà, poursuivent inlassablement et valeureusement des combats politiques ou humanitaires sans haine ni violence contre les asservissements, la pauvreté, toutes les formes les plus scandaleuses du mal, et pour un partage plus juste des richesses et le respect des droits de l’homme. Nul ne songe à prétendre que les croyants seraient plus méritants ou plus efficaces et que l’inspiration divine puisse leur conférer une plus-value certaine, car « l’Esprit souffle où il veut ». Contre les forces du mal, c’est une mobilisation générale qui importe et la solidarité a permis constamment dans l’histoire humaine un déploiement irrépressible de vertus bénéfiques, au bénéfice de la perpétuation et de l’embellissement de la vie. De surcroit, le concert de femmes et d’hommes très divers dans leurs opinions ou leurs aspirations favorise le discernement de ce qu’il est bon et juste de mettre en œuvre dans un engagement qui se veut au service des pauvres et des opprimés, en atténuant les risques de tomber dans les pièges du spontanéisme.

En toute hypothèse, nous nous sommes accordés sur la nécessité de choisir de s’engager sans tergiverser et de privilégier la cause de l’humanité, du partage et du bien commun sur la promotion ou la sauvegarde de ses intérêts personnels, dans un esprit de pure gratuité et sans attendre de retour sur investissement. Les mêmes paroles du Christ sont reprises, presque mot à mot, aussi bien dans les trois évangiles synoptiques (Matthieu chap. 16 v. 25 ; Marc chap.8 v.35 ; Luc chap.17 v.33) que dans l’évangile de Jean (chap.12 v.25) :

Quiconque veut sauver sa vie la perdra mais quiconque perd sa vie à cause de moi l’assurera. Quel avantage l’homme aura-t-il à gagner le monde entier s’il le paie de sa vie ? Que donnera l’homme qui ait la valeur de sa vie ?

Colloque des bouddhistes

Comment concilier nos appartenances religieuses et la construction d’un avenir commun ?

Bonsoir à tous, je vous souhaite une bonne soirée,

Je suis donc catholique et à la retraite, j’ai pu exaucer, il y a une dizaine d’années, un de mes désirs de jeunesse, apprendre l’hébreu biblique. Je suis donc entrée à l’Université Catholique de Lyon où j’ai pu faire cet apprentissage et depuis 6 ou 7 ans j’anime un atelier de lecture biblique au Centre Chrétien pour l’Etude du judaïsme.

Pour mieux comprendre cette langue et les écritures qui la portent, j’ai demandé à la synagogue libérale de Lyon de m’accueillir en tant que catholique. J’ai ainsi pu participer aux offices de shabbat et fêtes pendant 7 ou 8 ans. J’y vais encore de temps en temps et j’y ai noué de grandes amitiés. J’y ai été secrétaire du culturel pendant 3 ans.

J’ai été alors sollicitée par les Fils d’Abraham, association inter religieuse initiée par Max Bobichon, j’en suis maintenant la secrétaire.

J’ai aussi fait la connaissance du groupe Abraham de la Duchère, également inter religieux. Dans ces deux groupes je peux découvrir le monde de l’islam. Et, en même temps cela me permet d’approfondir ma religion.

Alors évidemment je vais partir de l’Ecriture pour ouvrir la rencontre de ce soir.

Mais avant, juste une réflexion entendue ces derniers jours à la radio.

Une archéologue interrogée pour savoir quand l’humanité était apparue, répondit, : « c’est lorsqu’un fémur a été réparé ». Cela signifie que l’humain a agi contre la loi naturelle et a laissé à son proche le temps de guérir pour qu’il ne meure ni de faim, ni de soif, ni d’autre chose.

Revenons aux évangiles :

Un spécialiste de la loi demande à Jésus ce qu’il faut faire pour « gagner son paradis » en quelque sorte. Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même » (Lv 18,5).

Alors, évidemment se pose la question de savoir qui est mon prochain. La parabole du bon Samaritain donne un élément de réponse (Lc 10,25). Un homme descend de Jérusalem à Jéricho et sur son chemin, il tombe sur un homme que des bandits ont roué de coups et laissé pour mort.

Un Samaritain, à l’époque les Samaritains sont déconsidérés, gens de peu, gens d’ailleurs, étrangers n’ayant pas les mêmes croyances, pas les mêmes pratiques, ce Samaritain donne les premiers soins et conduit le blessé à la première auberge. En ordonnant à l’aubergiste de le soigner il lui donne déjà deux pièces d’argent et l’assure qu’il repassera payer toutes les dépenses supplémentaires qui auront été faites pour cet homme.

Cette parabole apprend que ton prochain n’est pas obligatoirement celui qui t’est proche, cela peut être celui que tu ne connais pas, celui qui t’est étranger, et même ton ennemi (Lc 6,27). Le prochain peut être l’homme de la rencontre fortuite car tout être humain est potentiellement le prochain. Et chacun peut être un jour le blessé ou le bon Samaritain, personne n’est épargné ! Le prochain est un autre moi, en dignité, en potentiel. Il est celui qui a besoin de moi.

Le Samaritain n’attend pas de retour car l’exigence éthique n’est pas symétrique.

De plus, par son geste il implique les autres, en l’occurrence, l’aubergiste qu’il met face à sa responsabilité.

Aimer son Dieu est ainsi vivre de façon existentielle sa relation avec la Transcendance. L’être humain est unique et chacun a une étincelle de Dieu. Le mal serait de diminuer la dignité de l’autre, aimer le pauvre même quand il est défiguré par sa pauvreté. Dignité dans les soins, dans le logement, dans la justice. On ne peut pas s’en désintéresser.

Je voudrais aussi revenir sur la parabole des talents (Mt 25,14-30) : un homme riche part en voyage et il confie des talents à 3 de ses ouvriers. A son retour, il en demande des comptes. Deux des ouvriers ont doublé la somme confiée, ils sont félicités et invités à se réjouir. Quant au troisième, la peur lui a fait enterrer ses talents et il redonne une somme identique à celle confiée. Le maître le fustige et l’envoie dans les ténèbres du dehors.

Ceci m’apprend que si je suis née avec des talents, il est de mon devoir de les développer et de ne pas m’asseoir sur eux. Le plus difficile est peut-être de connaître ses dons…

A la fin de chaque journée, je devrais pouvoir me demander ce que j’ai fait aujourd’hui, comment ma journée a été féconde.

Alors, que signifie pour moi l’inter religieux ?

Il me permet de faire connaissance avec ceux qui sont animés par le même désir mais ont une approche différente en fonction de leurs convictions et de leurs cultures, et pouvoir ainsi les appeler « frères ». De fait, je rencontre ainsi mon prochain qui m’est étranger avec son étrangeté. Cela demande une grande écoute pour abattre les préjugés et dépasser la peur que l’autre provoque en étant différent. Alors naît la joie de découvrir la richesse de nos différences. La déconstruction des amalgames permet de donner un visage à l’autre.

Ce sont des rencontres de personnes.

Et chaque matin je devrais pouvoir répondre au Seigneur qui m’appelle et comme Abraham pouvoir dire : « me voici ! » « Hinne ni » en hébreu.

Ainsi je deviens « pèlerin de l’horizon » selon la définition de Christian de Chergé, prieur des moines de Tibhirine qui ont donné leur vie par amour pour leur prochain, ceux qui avaient besoin de leur présence et qui, comme eux, croyaient en la lumière derrière l’horizon.

Chaque jour je suis convoquée pour faire fructifier mes talents, les faire grandir en qualité et en quantité.

C’est ma responsabilité en tant qu’enfant de Dieu de relancer l’Histoire par l’amour infini que je reçois chaque jour du Créateur.

Christel Jenoudet
le 18 novembre 2020

Le salut dans nos religions

Toutes les religions du livre se présentent plus ou moins clairement comme des systèmes ou des voies de salut.

Cependant nous avons besoin de donner un contenu à ce mot vague et imprécis qui a beaucoup évolué dans le temps.

C’est ainsi que nous nous posons quelques questions sur cette notion :

  • Qu’est-ce que le Salut ?
  • Est-ce que tout le monde peut être sauvé ou au contraire point de salut en dehors des religions ?
  • De quoi sommes-nous sauvés ? (culpabilité, mort, l’absurde et la quête de sens, la détresse ….)
  • Par qui sommes-nous sauvés ?

Cette notion est-elle une réalité pour toutes les religions ?

Autres thèmes connexes : la miséricorde, le pardon, le pêché originel

 

Catholicisme ( FRL)

SOS : Save Our Soul. Dans l’inconscient les corps ont besoin d’être sauvés, mais pas que…

Dans le Nouveau Testament, la foi est importante. Dieu est intervenu dans notre histoire, malgré le refus des hommes. Dieu n’a jamais abandonné l’homme à son sort malgré quelques épisodes dramatiques comme le déluge dans l’Ancien Testament. Le salut est la restauration de la relation devenue difficile, avec l’envoi de Jésus dont le nom signifie « Dieu sauve ». Jean le Baptiste reconnu comme le dernier prophète, annonce le salut des hommes avec la venue de Jésus, envoyé par son Père. Le Christ accompagne ses propos de gestes en montrant sa solidarité avec les plus pauvres, malades, désespérés, endeuillés… Il met la foi en avant : « ta foi t’a sauvé » qui signifie que non seulement le corps est guéri mais la guérison spirituelle est en marche, voie d’accès vers la vie éternelle. Le Christ donne sa vie pour ce message d’amour qui restaure la relation de Dieu avec son peuple.

Le « Royaume de Dieu » ne sera parfait que dans les temps lointains sans vraiment savoir ce que sera ce royaume. Tout homme faisant la démarche pour accéder à ce Royaume y sera accepté quel que soit le temps de sa pratique. C’est ce que signifie la parabole de l’ouvrier de la dernière heure (Mt 20) ainsi que l’acceptation du bon larron lorsque le Christ est sur la croix. Inlassablement le Christ veut le bonheur de tous les hommes même ceux qui arrivent les derniers. La construction du « Royaume de Dieu » commence ici-bas en luttant contre l’injustice, combattant l’oppression (Mt 25).

Question : nous contentons-nous du minimum ou avons-nous une position plus active ?

Le salut ne peut qu’être une œuvre collective.

 

L’Islam (Mamadou)

Evolution du concept de salut que ce soit chez les chrétiens ou chez les musulmans avec ces deux notions de : Salut exclusif/salut inclusif (universel)

Pour les chrétiens « point de salut hors de l’Eglise ». Mais une évolution marquante avec Vatican II vers un salut universel.

Pour l’Islam certaines sourates sont quasiment belliqueuses envers les non musulmans.  Les sourates écrites à La Mecque sont souvent exclusives, celles écrites à Médine sont plutôt inclusives car elles fondent dans la durée les rapports avec les autres religions du livre. Cette évolution apparait assez nettement dans certains courants et écoles de pensée.

C’est le cas de l’école Ibn Hanbal 780-850 à Bagdad dont la doctrine est assez semblable à celle développée par le concile de Vatican II qui tend vers le salut universel :

« Ceux qui n’ont pas reçu du prophète le message clair de la part de dieu, avec miracles à l’appui, ne seront pas responsables de leur incroyance au jour du jugement dernier »

Cette doctrine rajoute :

« La souffrance éternelle n’est pas la destinée finale des pêcheurs et des négateurs de Dieu, même pour ceux qui l’ont fait en connaissance de cause. Le châtiment promis à ces mêmes négateurs ne serait qu’une purgation, une étape nécessaire pour retrouver leur prime nature de créature croyante »

Cette école soutient qu’il viendra un temps où l’enfer sera vide parce que « la miséricorde de Dieu est plus grande que sa colère ».

Islam et pêché originel :

Dans l’islam chaque personne est responsable de ses actes et il va de soi qu’aucun être ne peut être tenu responsable des pêchés commis par Adam et Eve :

« Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre en plus du sien » Sourate 35 verset 18

Pour l’Islam, le salut est à atteindre parce que l’humanité est imparfaite et qu’elle a besoin du pardon de Dieu.

 

Le judaïsme (Daniel)

Il est difficile de parler de salut dans le judaïsme, celui qui ferait accéderà la vie éternelle. Les textes ont évolué dans le temps. Le salut personnel apparaît dans les derniers prophètes et dans le Talmud. La résurrection des morts apparaît très tardivement dans le judaïsme.

La notion d’alliance est plus claire. Le monde ne peut évoluer que dans l’accomplissement de l’alliance dont, selon la tradition, le peuple juif est porteur. C’est dans ce sens qu’on a parlé de peuple « élu ». L’accomplissement de l’alliance est la condition pour la venue du monde futur. L’alliance ne sera réalisée que quand il n’y aura plus du tout de méchants. Chaque homme, chaque juif a pour devoir d’accomplir l’alliance par l’accomplissement des commandements pour que le monde se transforme (Dt 30). Le salut sera pour le monde entier et non pas uniquement pour le peuple d’Israël (Michée 4).

Dieu laisse la place à l’homme pour qu’il poursuive sa création (Gn 2). L’homme est responsable de l’accomplissement.

 

Le bouddhisme (Nicolas)

« Cycle sans commencement des naissances et des morts » s’appuie implicitement sur le concept de transmigration, selon lequel les êtres vivants passent par un cycle incessant et douloureux de naissances et de morts, se poursuivant depuis un passé infiniment lointain jusque vers l’avenir sans limite. Ce cycle de souffrances incessant nait des désirs terrestres, un cycle négatif de désirs terrestres, de karma et de souffrance indissociable de la transmigration. Cela représente aussi une succession d’illusions et de souffrances. Comment se libérer de ce cycle douloureux, des chaines de l’illusions et de souffrances ?
Deux façons de concevoir la libération de ce cycle. L’une en éliminant les désirs terrestres qui conduisent à la transmigration dans le domaine du karma. L’autre le Mahayana (Grand véhicule) considère que l’essence de la vie qui transmigre est impermanent. Vie et mort sont conçues comme un cycle d’émergence et de retour à la vie fondamental de l’univers incluant tout.
Cette dernière perspective peut facilement se comprendre si l’on utilise l’images des vagues sur l’océan. La naissance est comparable à une vague apparaissant à la surface, la vie de l’univers, tandis que la mort est la retombée de la vague.  Obtenir une telle compréhension de l’essence de notre propre vie qui reproduit le cycle naissance et mort, c’est parvenir à « l’illumination suprême, l’éveil le plus élevé du bouddha.

Le bouddhisme révèle, la vie individuelle même d’une personne, l’existence de la « loi » ou                  pouvoir intérieur illimité, capable de résoudre toutes les souffrances au niveau le plus essentiel et d’établir un bonheur indestructible.

 

Interventions :

On est sauvé de quoi et qui est sauvé ? Le péché originel ?

Dieu donne la Loi mais l’homme est désobéissant, comment être pardonné. C’est par la vie que le sang fait expiation (Lv 11), c’est le sens des sacrifices faits au Temple de Jérusalem. Le « sacrifice » d’Isaac par Abraham préfigure la mort du Christ quand Abraham répond à Isaac que Dieu pourvoira au don de l’agneau à sacrifier. L’homme ne sera sauvé qu’en regardant Jésus sur la croix, en s’élevant (Jn 3). La foi est capitale.

Dans l’islam, la notion de salut a questionné. Le message coranique donne une vision de l’homme sur terre, le salut étant une connaissance du Créateur, cheminement intérieur pour se dégager de tous ses défauts intérieurs, orgueil, égoïsme. L’homme a une origine et une destination, il devra rendre compte de ses actions sur la terre. La tradition musulmane rappelle le pourquoi de ce monde, réponses rationnelles et métaphysiques. Discours du passé, du présent, de l’avenir. Le Coran parle de la Bonne Nouvelle car l’homme n’est pas livré à lui-même.

« Je suis un pécheur, le matin en me levant et le soir en me couchant » dit l’un d’entre nous. « J’essaie de faire le moins de péchés possibles ». Répondre favorablement à Dieu est important. Tous les hommes aspirent au salut.

Le salut c’est le quotidien de tous les jours, il est personnel. Qu’est ce qui va sauver le monde qui est à feu et à sang actuellement. Il y a risque de perdre la foi. Dieu est-il présent dans le monde ? On n’a plus le temps de penser à tout cela. Malgré nos prières, nos réflexions communes, on est dans l’attente… Dieu a confié le monde à l’homme et qu’en fait l’homme ? Il est aux mains de quelques décideurs qui n’en font pas ce qu’on serait en droit d’attendre. Il y a urgence aujourd’hui pour l’homme de terrain avec tout ce qui se passe autour de nous.

Le salut ne passe pas uniquement par les œuvres, il passe aussi par le don de Dieu en le sollicitant sans arrêt. Prier pour que Dieu accorde la grâce. La grâce étant une force.

Les actes ont une grande valeur notamment pour l’écologie, l’entretien de la maison commune.

Dieu sauve à travers la mort, une fois sauvé, l’homme se transforme de façon individuelle.

Pas de notion de péché originel dans l’islam. Accepter le message, agir, grande spiritualité sont des « hauteurs ». Tous les hommes ne sont pas identiques.

Respect de l’alliance du judaïsme est respect d’un certain nombre de principes dont la justice. Nous sommes collectivement responsables mais chacun est unique dans cette responsabilité.

Jésus est venu sauver tous les hommes. Que veut donc dire « péché originel » puisque Dieu est venu apporter ce salut ? N’aurions-nous pas intérêt à relire nos textes pour les adapter à notre vie aujourd’hui ?

L’injustice n’est pas signe d’abandon de Dieu. L’homme n’est pas sauvé uniquement par ses prières, mais aussi par ses actes.

Les hommes sont co-auteurs de leur salut au QUOTIDIEN.

 

SAUVER et SE TRANSFORMER

La fraternité en marche

La désormais traditionnelle* Itinérance de prière organisée par l’association Fils d’Abraham a eu lieu dimanche 7 juin 2015. Le principe est immuable : se retrouver pour un temps de recueillement, d’échange et de convivialité partagé dans les lieux de culte propres au judaïsme, au christianisme et à l’islam.

(suite…)